Témoignages pour le poil et contre l'épilation : paroles de femmes

Voici les témoignages de femmes reçus à propos de notre évènement annuel : l'été sans épilation.
Les témoignages des hommes sur le poil féminin sont dans cette autre page.

(Les passages en gras sont soulignés par nous.)

1/1. Le témoignage de Cécile

(reçu par email le 23 mai 2005)

J'ai lu avec intérêt votre page sur le non sens qu'est l'épilation, dont je pratique l'abstention depuis quelques temps déjà... Je trouve intéressante votre analyse politique et ce que vous défendez. j'aimerais réagir sur deux ou trois petites choses :

La première, c'est que les hommes réagissent en général très bien à un corps féminin non épilé. Je pense que les hommes, qui ont souvent légèrement moins souffert que les femmes de la répression sexuelle (en tous cas, ceux dont j'ai croisé le chemin), savent écouter leurs désirs et entendre leur corps qui leur dit qu'un corps féminin non épilé est très sensuel. En revanche je trouve le regard des femmes beaucoup plus blessant, et parmi mes amis, c'est les femmes seulement qui n'arrivent pas à comprendre qu'on puisse ne pas s'épiler. Il y a un long travail de décolonisation des esprits à faire...

La seconde chose, et pour compléter votre galerie photo, est que j'ai eu le plaisir de voir l'exposition des croquis érotiques de Klimt au musée Maillol, et, oui, toutes les femmes dont on voit les aisselles sont parées d'une merveilleuse et délicate toison. et croyez-moi,  les croquis sont très fins et sensuels, et on est loin de l'image de la femme moche, mi-femme mi-singe, qui pue qui pète que le merchandizing de l'épilation a associé à la "femme-qui-ne-s'épile-pas".

Une dernière chose concerne le sang menstruel, qui me semble être un autre élément de la soumission de la femme "moderne" au système commercial puisque aujourd'hui encore, elle reste persuadée que son sang est "impur" et qu'il faut utiliser des tampons bien blancs (bourrés de chlore et de dioxines) ou des serviettes hygiéniques parfumées (une catastrophe environnementale) pour recueillir le précieux fluide. Dans les rayons des supermarchés, ou règne l'illusion du choix, aucune alternative écologique n'est proposée. Pas de keeper (ou diva cup), ni d'éponges naturelles ni de serviettes jetables. Comme si les femmes avaient commencé à être propres en même temps que la naissance de M. Tampax. Beaucoup de choses pourraient être dites sur justement cette notion de "propreté", qui justifie qu'on salisse les mers et les montagnes pour éviter d'entrer en contact avec... son propre sang.

Merci encore pour votre page, c'est bien de sentir qu'on n'est pas la(le) seul(e) a arborer fièrement ses poils contre vents et marrées.

2/2. Le témoignage de Irène, 35ans, de Lausanne

(reçu par email le 17 juin 2005)

Je suis très contente de lire votre appel et de retrouver certaines des raisons pour lesquelles je ne m'épile pas (et c'est sûr qu'on se sent seule dans nos contrées).

[...] beaucoup des arguments (écologiques, et ceux de la pression sociale notamment) sont tout à fait transposables à la question des poils des jambes... C'est peut-être encore plus dur à assumer, et encore davantage considéré comme inesthétique.

3/3. Le témoignage de Marie

(posté en réaction à notre communiqué sur bellaciao.org le 20 juin 2005)

Ces poils ! La géographie féminine de la pilosité autorisée est bien étrange...
Le cheveu, qui après tout est aussi du poil, est emblème de féminité, et a droit à l'abondance.
Le sourcil évoque la virilité, et devra être fortement restreint par une fort douloureuse ablation.
Le cil est de nouveau un poil de bon aloi, qui non seulement peut mais doit foisonner autour des yeux féminins.
Ne parlons pas de moustache ou de barbe, nous n'y aurons droit qu'après la ménopause, qui pourrait espérons-le être également une épilo-pause. Mais j'en doute.
Descendons. Les aisselles ont été traitées par l'article. Pas de "pue la sueur" chez les femmes, c'est réservé au mâle docker.
Plus bas encore, le pubis a droit à un traitement assez variable. Néanmoins la luxuriance est souvent appréciée, même si le look femme nubile en fait frissonner plus d’un.
Finissons sur les jambes, que ne doit déparer aucun duvet.

Ou se niche le choix personnel dans tout ça ? C'est une sorte de terrorisme qui s'attaque au territoire corporel féminin, obligeant à suivre les consignes de marketing, sous peine de passer pour sale.
Je sais, je l'ai expérimenté ; arrivant non épilée dans le sud de la France, j'ai eu droit à de nombreuses remarques (après tout, si ton mec le supporte...). Au début, je m'étonnais de voir ces jambes de poulet plumé, et à force, ce sont mes jambes qui m'ont insupportée. De plus, travailler non épilée dans un hosto, c'est carrément pas possible...
Signé : Marie, une victime du terrorisme anti-poil

4/4. Le témoignage de Ioulie, 50ans, du Canada

(posté sur le forum "le bien-être au quotidien" de onpeutlefaire.com le 22 Juin 2005
on peut y suivre un fil de discussion dans le sujet "Arrêter de s'épiler")

Moi, je me suis teint le cheveux une seule fois, pour savoir, il y a 4 ans... j'en ai 50... et j'ai pas aimé ça! Ça brûle, ça pique et ça pue!
Mais ça m'a fait comprendre le côté ludique de la chose, j'ai apprécié voir ma tête autrement pour quelques mois... et je suis revenue au naturel, avec plaisir, avec mes cheveux gris qui me rappellent que même si je ne sens pas mon âge, je l'ai, et le vécu avec... C'est moi et pas quelqu'un d'autre. Et c'est moi et pas quelqu'un d'autre que les gens rencontrent... ou évitent... comme ça, pas d'erreur!

Mes cheveux, longs et fournis, sont aussi souples qu'à 20 ans, ils ne sont pas cassants ni fourchus, il ont des reflets qui appartiennent à tous les cheveux sains, et je m'abstiens aussi de contribuer à l'industrie des cosmétiques, biens artificiels nuisibles, polluants, et tests sur les animaux, ... à 50 ans, ça me fait un look d'enfer... et d'ailleurs il paraît que j'ai l'air d'avoir 40 ans...

L'épilation aussi, j'ai pratiqué avec modération. Je me suis adaptée pendant un court laps de temps à un milieu professionnel. Je supervisais des chantiers en aménagements paysagers, alors, si en plus d'être une femme, j'avais été une femme poilue... c'était déjà assez difficile comme ça... seulement l'été, l'épilais jambes et aisselles, avec les étés courts qu'on a par ici, ça me suffisait!

Il y a des hommes, des hommes intéressants, qui savent reconnaître une femme qui respecte le corps que Mère Nature lui a prêté... et croyez-moi, le sexe n'y perd rien!
[...]
Personne n'a encore parlé des poils sur les seins? Alors je vais le faire. Sujet tabou ou bien est-ce que ça existe seulement au Québec ? Personnellement, je peux pas m'empêcher de voir l'enlèvement de ces poils, laser, ou pinces à épiler, peu importe, comme une espèce d'auto-mutilation. Brrr! Ça me donne des frissons dans le dos.
... S'il y a un problème avec ça, il est dans la tête de la fille ou du gars et mis en présence de l'évidence, dans le feu de l'action!!! on s'arrête pas à ces détails. J'ai connu plus de femmes que d'hommes qui avaient un problème, ou un complexe avec ça. En tout cas, ceux qui s'y arrêtent, c'est bien dommage pour eux... c'est comme refuser le plat principal parce que le napperon est pas de la bonne couleur!!!

Les femmes se sont épilées depuis la nuit des temps... il est grand temps qu'elles en sortent! à la lumière les filles, parce que c'est dans la tête et dans l'esprit que ça libère... les pub et slogans en vogue, à l'américaine, et je suppose que l'on vous en sert des pareils en France, c'est du genre "rehaussez votre nature"..."devenez celle que vous êtes"... "soyez encore plus naturelle"... sans autre commentaire de ma part!

5/6. Le témoignage de Odile, 39ans, de Rouen

(reçu par email le 24 juin 2005)

J'ai 39 ans, je ne me suis jamais épilée sous les bras, tout simplement parce que je tiens à mes poils (au moment de la puberté, j'en surveillais la pousse avec autant d'impatience que celle de mes seins). Seulement depuis quelques années, la pratique de l'ESB [Epilation Sous les Bras, NDLR] s'est généralisée. Il y a bien longtemps que je n'ai pas vu une femme de moins de 50 ans non épilée. (Le moteur de cette généralisation ? la pub évidemment.) Du coup, ce que je considérais comme un choix personnel sans enjeu particulier a perdu son caractère anodin : impossible aujourd'hui d'ignorer le regard de l'autre (surtout des femmes, d'ailleurs, comme Cécile l'a souligné). Bref, une aisselle féminine non épilée relève aujourd'hui de la déviance. Et ce qu'on éprouve spontanément quand on se sent déviant, c'est une sorte de honte ; alors on évite les débardeurs, par exemple. Le plus facile, c'est encore de s'épiler, en considérant qu'en fin de compte, ça n'a pas d'importance. Mais je n'ai pas pu accepter cela. Du coup, cette norme m'est apparue comme une limitation inacceptable de ma liberté ; et me mettre en débardeur est  devenu un acte politique, un acte militant. De toutes façons, les femmes n'ont pas le choix : on remarque les aisselles non épilées, et on en infère inévitablement un certain nombre de choses sur leur propriétaire : elle se néglige, ou : elle n'est pas au courant de ce qui se fait. L'affichage militant de ses aisselles permet de court-circuiter ces attributions spontanées : il faut montrer que la non épilation est un acte délibéré. Ne pas s'épiler, c'est inévitablement refuser de s'épiler, à défaut de quoi on le vit mal (alors que l'épilation n'est pas vécue comme une acceptation - en fait, une soumission). Le combat contre l'ESB est donc bien un combat politique : il met en évidence le fait que les contraintes normatives générées notamment par la publicité sont des atteintes à la liberté, atteintes qui nous touchent jusque dans notre rapport à notre corps.

6/7. Le témoignage de Anne

(reçu par email le 24 juin 2005)

C'est un copain qui m'a envoyé le lien vers votre site parce que je lui ai fait part d'un extrait du spectacle que j'ai monté avec la Compagnie toulousaine les Cyranoïaques.
C'est un spectacle théâtral et musical sur le thème des vacances. Pour cette création , on a brassé pendant des semaines toutes sortes de sources, livres, romans, études, poèmes, chansons, publicités, clichés et points de vue divers.

Évidemment, nous avons été sensibles durant ces recherches à la posture du corps durant ces fameuses "vacances". Et l'épilation, entre autres soucis corporels entièrement formatés par le culturel variant à travers les âges, nous a fourni un beau morceau...
Ainsi, armée de ma guitare et du "Sea, Sex & Sun" de Gainsbourg, je dis un texte sur la dictature actuelle de l'épilation (extrait de l'oeuvre de l'anthropologue Jean-Didier Urbain, qui s'est fait une spécialité de l'observation du phénomène des vacances).

On joue ce spectacle depuis peu, maisje vous témoigne que le public féminin est hilare, voire reconnaissant de pouvoir entendre de tels propos et de pouvoir en rire.

Si ça vous intéresse, on passe au Festival Off d'Avignon cette année...
VACANCES - Cie Les Cyranoïaques
du 8 au 27 juillet 2005 tous les jours à 14 h, Théâtre de la Condition des Soies, (près de la Place des Carmes, voir le catalogue du Off)

Anne
(femme qui s'épile parce qu'elle trouve ça plus joli, mais entièrement d'accord avec vous malgré tout ! L'humain, y compris féminin, restant fort complexe et contradictoire !)

7/9. Le témoignage de Mag

(posté en réaction à notre communiqué sur Indymedia Marseille le 24 juin 2005)

enfin en France!
enfin une journée contre l'épilation! et en France!
en Suède les filles de tous les ages sont très très nombreuses a ne pas s'épiler, et les garçons ne s'en plaignent pas du tout. ils trouvent cela totalement normal et naturel. je n'ai jamais été une pointilleuse du poil, et depuis quelques mois même je m'affirme comme naturelle, je ne m'épile plus, et cela n'a gêné aucun de mes amants!!
alors les filles jetez vos rasoirs, n'ayez pas honte, en plus j'économise de l'argent et je ne perds plus ce temps fou à m'épiler. je transpire beaucoup moins, et la peau de mes jambes est bien moins sèche!! bref c'est tout bénéf'.

8/10. Le témoignage de Jn

(reçu par email le 19 juillet 2005)

Pour votre galerie des anonymes, me voici lors d'un déménagement (voir la photo anonyme 9).
J'ai "la chance", dans le contexte sociétal  dans lequel nous vivons d'être peu "poilue", donc pas vraiment de soucis aux jambes ...En ce qui concerne les aines, ce souci ne se pose qu'en maillot de bain, je vous conseille par expérience le "naturisme" qui outre vous ôter tout souci de ce côté là, est une expérience à ne pas ignorer. Quant à ma pilosité
axillaire, bien entretenue (comme les cheveux d'ailleurs), personne n'en a jamais paru choqué....Je ne suis donc pas militante (encore que...), mais pratique avant tout : l'épilation du maillot est une corvée douloureuse sur le moment, irritante à la longue, preneuse de temps, trop répétitive, et onéreuse. Il est pourtant vrai qu'il est impossible de porter un string de bain avec des "moustaches de colonel", donc comme je l'ai écrit plus haut j'ai contourné le problème par la nudité au bain... Et en plus pas de maillot qui colle ! J'avoue tailler parfois mes aisselles sans jamais les raser (ça repousse tout le temps !), mais n'en fais-je pas autant de mes cheveux ? Et puis savez-vous chères consoeurs que beaucoup de messieurs n'ont jamais aimé jouer à la poupée ?

9/11. Le témoignage de Nathalie, 40 ans, de Paris

(reçu par email le 02 septembre 2005)

[...] Vous parlez de résister à la mode, à l'image de femmes imposée par les magazines, là je peux vous suivre, mais vous ne parlez pas des moustaches de femmes par exemple, et des mentons poilus, ( même si dans les témoignages certaines y font référence) qui sont (dixit) toléré chez la vieille femme n'ayant plus « d'utilité » puisqu'elle ne séduit ni n'enfante plus. Les poils ne sont que l'arbre qui cache la forêt, malheureusement. Les tabous sexuels existent encore bel et bien et il n'est pas si facile de les combattre et de les contrer, ce seront encore les femmes qui en souffriront [...].
Vouloir éduquer pour résister aux stéréotypes oui, mais encore faut-il le faire intelligemment. Parce qu'il n'est pas si évident de résister aux contraintes de l'apparence, surtout pour les femmes, auxquelles la société impose de n'être surtout pas des hommes. Quant à moi, j'ai de la chance ceux qui m'aiment, mon mari, mes enfants, mes amis m'aiment avec ou sans mes poils, selon mon envie, et le temps que j'ai à consacrer à mon physique. (pas beaucoup.) Alors avec poil ou à poil ?

10/12. Le témoignage de Sophie, 21ans

(reçu par email le 09 septembre 2005)

L'épilation commet des dégâts irréversibles. J'ai 21 ans et je me sens déjà comme une ancienne combattante. Mon corps est foutu. J'ai honte du mal que je me suis causé. Je suis d'accord avec votre interprétation: l'épilation est une amputation car c'est ainsi que je le ressentais déjà avant de voir votre site. En effet, on se coupe les poils: nous viendrait-il à l'idée de se couper les bras?Je me sens mal. Je frôle le suicide. Existe-il des moyens naturels pour "réparer" les dégâts de l'épilation et des décolorations à la crème Andina ou tout du moins pour les atténuer? J'ai l'impression d'être aliénée par un problème sans importance (rien que des petits poils, dans le fond) mais la femme doit toujours se confronter à des problèmes de ce genre. Il y a aussi une aliénation de son propre regard par la tension médiatique et je ne me pardonnerai jamais d'y avoir cédé à un moment donné. Ce qu'on fait ou pas dans la vie dépend souvent du hasard. Il aurait fallu peu de chose pour que je ne commence pas. Mais j'ai toujours été seule face au tabou et à la pression médiatique. J'ai quand même été stupide. Certains hommes ont beau dire qu'ils acceptent les femmes comme elles sont, ils ne font rien pour nous mettre à l'aise ou bien d'autres nous détruisent complètement. Pourquoi ne pas s'adresser aussi aux hommes dans les tracts que vous avez fait.
J'ai hâte de me libérer pour commencer (ou recommencer) à vivre, mais sans savoir si je réussirai. Je vais diffuser vos tracts dans mon quartier.

11/14. Le témoignage de Zoé

(reçu par email le 24 octobre 2005)

Ça fait maintenant quelques temps que je pense à ne plus m'épiler (auparavant je m'épilais sans y penser (au rasoir en plus)). Je n'ai toujours pas oser franchir le pas mais je trouve de moins en moins de raisons de le faire. Si ce n'est la pression sociale (je sais ce n'est pas une bonne raison!) Je ne m'épile qu'à certaines occasions (quand je vais à la piscine et l'été avec plus ou moins de régularité) Mes ami(e)s savent que je suis plutôt hostile à ce type de pratique, cela les fait plutôt rire et ils me prennent pour une originale, certaines réagissent même avec condescendance. D'autre sont écoeurées...
Ne pas s'épiler est devenu une lutte et elle est d'autant plus dure à mener qu'elle se fait en désaccord avec ses proches. Il m'est d'ailleurs arrivée une anecdote lors d'une soirée qui mérite d'être raconté. J'étais assise sur un canapé avec des amis et qqn a remarqué que je portais de très grandes chaussettes (elles vont jusqu'aux genoux), je réponds que c'est très pratique contre le froid et qu'en plus cela cache mes poils... Peu après (d'autres personnes étaient arrivées entre temps), nous commençons à jouer à élixir: c'est un jeu de rôle qui consiste à lancer des sorts aux autres. Qqn me jette un sort me demandant d'enlever un habit élégamment (ma chaussette, bien sûr!), tout ceux qui étaient au courant se mettent à rire, moi j'hésite, il y a des personnes qui ne me connaissent pas... Finalement j'explique mon cas, un gars pousse un "beurkkk" horrifié en s'éloignant de moi. Je finis par enlever ma chaussette discrètement et non élégamment comme demandé et tout le monde (moi compris) passent à autre chose, rassuré de n'avoir rien eu de tel à voir!
Tout ça pour dire que nous sommes complètement soumis à cette pratique barbare et inutile qu'est l'épilation et qu'il est très difficile (à moins d'une grande confiance en soi) de résister. Pour ma part, je ne sais pas si j'arriverai à résister...
Voilà, je voulais juste donner mon avis et vous féliciter pour votre résistance.

12/16. Le témoignage de Sophie

(reçu par email le 19 novembre 2005)

Epilation et féminisme

Je viens de voir les témoignages contre l'épilation. Je suis contente que je ne suis pas la seule ! Pas mal boycotte cet idée issue du marketing. Effectivement, on ne vera jamais sur une affiche publicitaire ou à la TV une femme qui ose ne pas s'épiler. Pourtant, c'est la nature. Pourtant, beacoup de femmes réagissent par le dégout lorsqu'elles savent qu'une femme ne s'épile pas. Et pourquoi pas ? Beacoup d'homme d'ailleurs préferent le naturel. En ce qui me concerne, mon mec me préfère nature et j'en suis bien contente. D'ailleurs je crois que je ne pourrais pas vivre avec quelqu'un qui m'impose ca. D'ailleurs, je remarque que peu d'hommes imposent à la femme de s'épiler. C'est bien souvent la femme qui s'épile d'elle meme.

C'est pareil pour les taches ménagères... C'est bien souvent la femme qui s'impose dans la cuisine, et dans les taches ménagères, sans meme que le conjoint le demande. tout se joue au début d'une relation, et les habitudes s'instaurent vite. C'est normal. C'est pourquoi, il ne faut pas se sentir obliger de faire telle ou telle tache parce que l'on pense que c'est à nous de le faire ! Et pourquoi ca serait à nous ? Bref, chez moi, c'est l'égalité totale. Et si après les femmes se plaigent, elles ont raison, mais elle aurait jamais dûes s'imposer dans telles corvées au début. Je ne vais tout de meme pas leur reprocher ca, mais qu'elle le sache à l'avenir. J'ai lu le livre de Elena gianini Belotti "Du coté des petites filles", livres très intéressant, expliquant que le sexisme est dû à la façon qu'une mere éduque ca fille. Elle lui transmet le sentiment d'infériorité des les premières phases de l'éducation. Et de la part l'acceptation de la soumission de la femme. Elle se sent obligée de faire la cuisine et les taches ménagères étant adultes puisqu'elle a joué à la dinette quand elle était petite. Elle aime meme ca à force. Moi, j'aime pas ca et je trouve que les taches de la maison doivent etre effectuées par les résidents. Quoi de plus normal? Tout le monde salit, donc tout le monde lave.

En ce qui concerne l'épilation, j'ai toujours été naturel et je le reste. Cependant je succombe à la pression sociale de temps en temps, lorsque les vetements me l'imposent. Mais je ne le fais pas tout le temps. Cet été, je l'ai passé loin de chez moi, chez des amis. Je voulais acheter quelque chose pour m'épiler, mais je ne trouvais pas dans les magasins. Je suis donc resté naturelle, c'est à dire non épilée, alors que je portais des jupes. Parfois, les amis regardais discrètement mes jambes, un peu surpris. Mais rien, aucun commentaires. et heureusement ! Y'avait pas intéret !

Un jour, j'étais sur la plage avec mon frere, et il m'a dit tu pense pas à t'épiler? Et moi j'ai dit je le ferais quand tu le feras ! C'est vrai, mince ! Et une fois, lorsque j'avais une douzaine d'années, une copine m'a dit, "ta mère n'a jamais pensé à s'épiler ?" elle était en jupe et à travers ses colants, effectivement la pilosité se voyait abondamment. Et moi, j'étais sidérée. Comme elle ose ! Aujourd'hui, je suis toujours en contact avec cette copine, elle est en 5e année de médecine. (Je me sens obligée de le dire car tout le monde sait que ce n'est pas la meme chose quand ca vient d'une médecin que d'une caissière. Malheureusement, c'est la société qui l'impose).
Tout ca pour dire que l'épilation, ca doit etre qu'occasionnel et il ne faut aucunement se sentir obligée de faire quoi que ce soit les filles !

PS : Attention aux débuts dans vos relations de couple ! Tout se joue là !

13/17. Le témoignage de Sandie, 25 ans, de Lille

(reçu par email le 25 juin 2006)

parlons poils,
il y a 3 jours je me suis épilée : sous les bras, pour voir... aïe et souffrance, je ne me suis plus sentie moi même, c'est horrible, vivement que ça repousse. J'aime ma touffe charmante en débardeur, maillot de bain et à poil. Pas une militante du poil mais je trouve ça bien plus joli et sain.

14/18. Le témoignage de Olivia

(reçu par email le 08 octobre 2006)

En Afrique on ne s'épile pas. Personne ne se soucie de ces détails. Mais quand je suis arrivée en France, les regards condescendants appuyés méprisants m'ont vite fait prendre un rasoir. Aujourd'hui j'ai l'air d'un poulet mal déplumé, j'ai la peau sèche mais je suis dans une sorte d'engrenage.

15/20. Le témoignage de tite_Lau

(posté sur le forum "le bien-être au quotidien" de onpeutlefaire.com le 22 décembre 2006
on peut y suivre un fil de discussion dans le sujet "Arrêter de s'épiler")

Je l'avoue, je m'épile juste par pression sociale également... Vous ne pouvez pas imaginer à quel point ça me gonfle d'être obligé de faire la chasse aux poils... car plus je les enlève, plus y en a !
Surtout que j'ai un côté espagnol assez développé..

Par contre je n'ai pratiquement rien (léger) sur les aisselles.. mais je me rappelle une fois, je devais avoir 14-15 ans, j'avais tout juste un poil et ma soeur m'a fait une remarque très désagréable... no comment ! Et puis j'ai un duvet sur les cuisses que je ne veux pas enlever car sinon ça serait l'enfer ! On m'a déjà fait une remarque désagréable (c'était un gars cette fois, de surcroit très poilu)

A vrai dire ce qui m'énerve c'est pourquoi on doit s'épiler et pas les hommes ? Je trouve leur poils encore plus moches que les notres ! Mais je trouve ça normal comme je le trouverai chez une femme si on m'en empechait pas...

Une fois j'étais au Maroc, les femmes sont voilées et très couverte, et un soir on était au resto, une musulmane s'est baissé et on a vu un peu de poils au bas des jambes, et bien ma soeur, le copain à ma mère et sa fille ont été très choqué "bah on dirait un homme, c'est crade, c'est moche"... j'ai essayé de leur dire que ce qui leur paraissait "anormal" pouvait être "normal" pour cette culture. Je leur ai dit que tout ça n'était qu'un conditionnement culturel.

Par exemple, à Cuba, les filles ne sont pas épilées et sont en jupes, cela avait choqué ma mère et son copain...

Imaginez, peut être qu'ailleurs, voir un homme poilu choquerai autant qu'une femme poilu... mais nous un homme poilu ne nous choque pas... en fait c'est que du conditionnement !

Enfin, j'avoue qu'en été, je continuerai à m'épiler car je n'ai pas envie d'avoir une pression en plus (déjà que je suis végétarienne a tendance vgl, écolo...) Je sais d'avance que je serai très dénigré, même de la part de mes proches... (déjà que mon père m'a dit que ça l'étonnerait pas si j'étais lesbienne tout ça parce que je lui ai dit que je ne supportait pas le sexisme)

16/21. Le témoignage de Catherine, 24 ans, de Montréal (Québec)

(reçu par email le 27 décembre 2006)

Je suis une femme de 24 ans, brune avec une pilosité normale, qui paraît abondante si on compare avec les autres femmes actuellement qui s'épilent. Je me suis épilée une fois les jambes dans ma vie, à 17 ans, avec un arracheur de poil électrique, pour voir ce qu'était l'épilation, et pour que les autres arrêtent de me dire que je ne connaîtrais jamais : le bonheur d'être épilé! 

En fait je ne vois pas le bonheur vu que les gens qui m'appréciaient avec mon poil n'étaient pas contents de me voir épilée (de me voir renoncer à mes convictions) et que la masse des gens superficiels ne m'intéresse pas. Bon, c'est vrai qu'ils vous regardent de travers dans la rue et que c'est blessant. Surtout quand on se voit comme une sauvegarde de ce qu'est la féminité.

À voir toutes ces femmes qui se maquillent, qui s'épilent, qui se font des traitements au laser, à l'électrolyse, je suis plutôt peiné. Peiné de les entendre me trouver courageuse mais faire l'inverse de moi. En vérité, on est seule lorsque l'on ne s'épile pas parce qu'on choisit de ne pas se conformer au mode de vie occidental. Mais on est pas les seules à être seules car il y a aussi le racisme, le sexisme, l'homophobie mais le fait d'être rejetée parce qu'on ne s'épile pas est considéré beaucoup moins grave même si on est exclu par encore plus de monde en réalité.
Les gens considère que c'est une exclusion volontaire. Si on veut être avec les autres, il suffit de se conformer! Je ne cherche même plus la compréhension, je profite juste de ma liberté en ne m'épilant pas.
On peut dire que la question de l'épilation n'en est pas une de vie ou de mort mais c'en est une d'exclusion sociale et de violence.

J'ai vécu tant d'anecdotes que je ne saurais laquelle partager avec vous.
Le concept général c'est que je refuse de me laisser contrôler pas les autres et leurs idées restreintes. Aucune femme n'est obligé de s'épiler. Bien sûr les autres essaient de vous le faire croire mais ce n'est pas vrai, résistez.
Ma mère un jour m'a coupé le poil en dessous des bras de force, j'avais 12 ans. Une autre mère, ailleurs, était probablement en train d'exciser sa fille au même moment. Les adultes ne sont pas plus sain d'esprit parce qu'ils ont vécu plus longtemps. Ils ont été obligé de bien des choses par les adultes et en ont sur le coeur, surtout les femmes. 

J'ai toujours porté des culottes courtes et des chandails pas de manches, même à l'école secondaire en éducation physique. Donc, je me suis toujours fait regarder croche et encore aujourd'hui, même par ma mère!
Je remarque les femmes qui sont systématiquement rasés dans les films. J'aime tout de même le cinéma mais je ne m'identifie pas. Je suis moi. Par chance que j'ai trouvé quelques hommes dans ma vie qui m'ont aimé avec mes poils. L'important pour moi est d'être moi-même, quitte à être seule. Mais si avec un comité d'action comme le vôtre on peut faire progresser les mentalités je serai contente d'être moins seule...

(complément reçu par email le 21 mars 2007)

[...] j'ai été [...] occupé à participer sur le forum, comme vous m'aviez invité à le faire. J'y ai rencontré des gens qui m'acceptent et qui ont envie de faire valoir des valeurs semblables aux miennes, merci beaucoup d'avoir  créé ce site, il change ma vie (c'est sans exagération).

17/23. Le témoignage de Lucie

(reçu par email le 12 mars 2007)

Bonjour et félicitation pour votre prise de position contre l'épilation : il est toujours plus difficile d'aller à contre-courant que de se laisser porter.

Il est souvent dit d'une femme qui ne s'épile pas qu'elle se néglige. Dans mon cas, ce serait plutôt l'inverse, c'est à force d'écouter mon corps, et notamment ma peau, que j'ai cessé de m'épiler les jambes. J'avais remarqué que, quelque soit la méthode d'épilation (rasoir,cire, épilateur électrique, pince à épiler), ma peau n'était jamais lisse, car les irritations, poils incarnés, rougeurs et autre désquamation la rendaient rugueuse. Qui plus est, elle était même beaucoup moins douce au toucher et beaucoup moins jolie à regarder qu'avec des poils naturels. J'ai donc fait preuve de bon sens en arrêtant d'épiler mes mollets.

Pour ce qui est des aisselles, j'ai eu beaucoup moins de mal à laisser mes poils vivre leur vie car je trouve ça très érotique. Qui plus est, j'ai arrêté les déodorants chimiques du commerce (rassurez-vous, j'utilise la pierre d'alun pour empêcher la prolifération bactérienne à l'origine des "mauvaises" odeurs) et je suis ravie que mes aisselles puissent ainsi garder tout leur arôme naturel.

Je ne me fais pas non plus le maillot, mais comme je ne suis pas une fanatique des plages bondées l'été, je n'ai pas de problème. Et si l'envie me venait de revêtir un maillot de bain, je choisirais un shorty plutôt qu'un tanga ou un string et comme ça je serais tranquille, pas avec ma conscience (qui de toute façon est largement en paix en ce qui concerne ma pilosité), mais avec le regard de mes voisins de plage.

J'ai également un léger duvet au dessus de ma lèvre supérieure et je ne le décolore ni ne l'épile (rien que l'idée fait frémir...). Le plus souvent, personne ne me fait de remarque à ce sujet, mais ça arrive... Le reste du temps je suis perçue comme une belle plante très féminine et plutôt sophistiquée (ce qui est un comble pour la minimaliste anti-maquillage, anti-brushing, anti-bijou que je suis). Je pense que l'acceptation de ma féminité et la confiante sérénité qui en découle font beaucoup plus pour imposer aux autres l'impression que je suis sophistiquée, qu'une séance de torture dans une position grotesque chez l'esthéticienne. Comme quoi, il faut assumer ses choix.

Mon seul problème, provient du fait que mon ami serait plutôt anti-poil (pas pour lui, non il tient trop à sa virilité, mais pour moi qui ne correspond pas aux critères de féminité que véhiculent les médias). Quand il m'a demandé de m'épiler les aisselles et que j'ai vivement répondu quelque chose comme "ça va pas la tête" ou "jamais de la vie", j'ai bien vu sa mine déconfite et je continue à la voir assez régulièrement. J'ai du mal à admettre qu'il puisse ne pas m'aimer naturelle et ça me peine beaucoup. Alors quand on dit que la pression vient le plus souvent des femmes, je veux bien le croire, mais dans mon cas, ce sont surtout les hommes et leurs remarques (parfois plus que désobligeantes) qui m'ont le plus blessée.

C'est pourquoi j'apprécie d'autant mieux des romans comme la Quatrième main de John Irving (un américain d'aujourd'hui !) dans lesquels le narrateur trouve charmant la petite moustache de son aimée et se révolte à l'idée qu'on puisse l'épiler à la cire, comme le suggère une de ses collègues. Que Zola ait été pro-poil c'est bien gentil, mais ça n'a pas beaucoup d'influence sur l'homme moderne. Alors merci John Irving et merci à tous les hommes de ce forums qui soutiennent les femmes qui ne veulent pas s'épiler.

18/25. Le témoignage de Louise, 22 ans, des Ardennes

(reçu par email le 22 mai 2007)

Je suis tout à fait d'accord avec vous que l'on vit dans un monde ou l'on prône l'hygiène absolument tout ça pour une histoire de fric et pour rentrer dans des
moules. Perso : je me rase les aisselles quand je sais que je serais en débardeur, les jambes idem si je vais a la piscine sinon je me rase pas mais le fait de raser les
jambes néanmoins je me sens contrainte de le faire tout ça parce qu'on vit dans un monde de moules. Par contre le sexe je me le rase pas , je coupe un peu mes poils pour éviter qu'ils se collent entre eux mais c'est tout. De plus ça gratte et comme je suis très fragile au niveau de mon sexe vaut mieux pas.

Si c'était que les poils ! Il n'y a pas que ça : le fait qu'il faut se laver tout les jours sinon on est considéré comme sale est complétement absurde car chaque personne transpire différemment car nous n'avons pas le même corps. Les hommes sentent plus que les femmes, un homme sans poil je trouve pas ça viril du tout. Les
poils surtout pour les hommes qui en ont plus que nous sont très excitant.

19/26. Le témoignage de Isabelle, 37 ans

(reçu par email le 25 mai 2007)

C'est avec grand intérêt que j'ai découvert votre site après avoir vu le magazine de la santé sur France 5 ce jour. Il est vrai qu'il est tentant de laisser la nature telle qu'elle est. 
Pourtant, je me permet de faire une remarque sur cet engagement d'"un été sans poil". En effet, il est souvent question des aisselles (comme le montre les photos anonymes sur votre site). Hors, il s'agit d'un endroit du corps qui n'est pas visible à tout moment (épilé ou pas); il faut avoir les bras en l'air pour dévoiler cette zone et cela n'arrive pas fréquemment.

Je voudrais parler de la zone pubienne c'est-à-dire celle qui s'étend sur le haut des cuisses et vers le nombril et parler aussi de la zone présente entre les cuisses et derrière celles-ci. Je suis "malheureusement" (décalage par rapport à la "norme actuelle") plutôt poilue. Je présente une pilosité développée jusqu'au nombril, largement sur l'aine, derrière les cuisses et, je l'avoue, autour des mamelons.
Autant dire que me présenter tel quel en maillot de bain est difficile. Bien que je m'accepte mieux depuis quelques années (j'ai actuellement 37 ans), je ne me vois pas m'exhiber ainsi. Je m'épile donc depuis des années. Rasoir manuel ou électrique pour les demi-jambes et cires tièdes pour le reste du corps pour lequel j'ai investi dans un appareil à cire à domicile depuis des années (le coût étant exorbitant en institut quand on doit y aller aussi régulièrement que moi). Évidemment, en attendant que les poils soient assez long pour la cire (environ 3 à 6 mm), je suis quelque peu hirsute durant quelques jours. Et c'est assez gênant. J'ai beau regarder à la piscine ou sur la plage les rares fois que je m'y rend, je n'ai jamais vu de femmes qui semblent présenter cette même anomalie. En effet, quand on s'épile, cela se voit. La peau est parsemée de petites taches rouges correspondant à l'endroit des poils arrachés. Alors je me sens parfois très seule à vivre cet handicap.
Cela me gênerait moins de me montrer "à poil" si la nature ne m'avait dotée d'un tel système pileux.

Ce serait sympa de votre part de me donner votre avis. Car j'aimerais au fond de moi pouvoir être naturelle avec ma pilosité si je ne me sentais pas aussi isolée.

20/28. Le témoignage de Mélanie, 19ans, de Avignon

(reçu par email le 26 août 2007)

Quel plaisir de visiter votre site. J'en crois pas mes yeux de lire tous ces témoignages contre l'épilation, me voila moins seule !!!

Je dois avouer que j'attendais l'arrivée de mes poils avec beaucoup d'impatience. Enfin les voilà. Et pas qu'un peu. Hormis les jambes, cuisses, bras, aisselles et maillot, il y'en a sur les seins, le ventre … Étant brune, je vous laisse imaginer !!!

Oui mais aussitôt il faut les enlever, les cacher. Je me souviens encore dans la cours de récréation, on scruté les jambes, et combien de "bahhh t'as même pas encore tes poils ?" et plus tard "bahhh tu te rase même pas"… j'en revenais pas. Alors bien sûr, on suit la tendance, et on y va à fond avec son p'tit rasoir. Quand c'est fini, j'ai l'impression qu'il me manque un truc mais bon … au moins plus de moqueries. J'en reçois déjà assez à propos de mon physique, mon poids, mes dents… bref !!!

Oui mais voilà, moi je suis une fille de la campagne comme on dit. Je n'aime pas la mode. Non je suis une vrai p'tite écolo et fière de l'être (je fais d'ailleurs mes études dans l'environnement). Malgré tout ce qu'on me reproche, je m'en fiche, j'ai décidé (oui mais c'est dur !!!) de ne plus les écouter et de vivre MA vie !!!

Tout ça pour dire que je suis fière de ne plus m'être rasé les jambes depuis quelques semaines. Concernant le maillot, je ne l'ai jamais fait. Et les aisselles, je suis une personne qui transpire énormément donc pour l'été je me rase. Mais quel plaisir de voir ses jambes poilues !!! Bon maintenant, j'attend de voir les réactions de l'entourage… repas de famille dans pas longtemps alors on verra bien !!!

Merci à toutes et tous pour ce que vous dites. Ça me rassure énormément de savoir que c'est normal de vouloir revenir naturelle. Arrêtons de vouloir se torturer inutilement. J'espère juste trouver un homme qui pensera la même chose que moi.

21/30. Le témoignage de Virginie, 22 ans, de l'Ardèche

(reçu par email le 07 novembre 2007)

Mes poils ont toujours été un problème pour moi puisqu' apparament, j'avais déjà du duvet sur les épaules à ma naissance !
On s'est souvent moqué de ma moustache (bien que ça ne soit qu'un duvet) mais j'ai toujours gardé conscience que s'il n'y avait pas eu le regard des autres et donc de la société, j'aurai trouvé ça très beau et tout à fait naturel...

Aujourd'hui j'en ai vraiment ras le bol de m'épiler sans cesse et d'avoir honte de ma nature. Je suis heureuse d'avoir rencontré votre site, j'espère pouvoir y puiser suffisament de force pour trouver le courage de m'affirmer telle que je suis, qu'importe les railleries.
Alors un grand merci pour votre combat, je suis de tout coeur avec vous.

22/35. Le témoignage de Alice

(Un parmi des dizaines que vous pouvez retrouver sur le forum du MIEL. Posté le 17 avril 2008)

J'ai 33 ans. Je suis naturiste depuis 5 ans. Depuis quelques années, mon mari a insisté pour que je laisse mon pubis au naturel. Il a trouvé les arguments pour me convaincre :
- tout d'abord le coté naturel, laisser son corps tel que la nature l'a créé.
- le coté cache sexe. La vulve est cachée, ce qui donne l'impression de ne pas être "exposée" (quand j'ai commencé le naturisme, j'ai eu du mal à être nue devant tous).
- ça plaisait à mon mari
- plus de douleurs d'épilation, plus de prise de tête à savoir si je suis épilée.
- ça ne pique plus mon mari
- le coté sensuel lors des rapports sexuels. Il s'agit de sensations inconnues des épilées, tellement agréables (lors de l'acte avec des déplacements latéraux du compagnon)
Je ne comprends pas comment j'ai pu faire autrement...

23/36. Le témoignage de Isabel, d'origine portugaise

(reçu par email le 17 avril 2008)

J'essaye à ma façon d'aider ma fille à accepter son corps. C'est vraiment une très jolie fille, et qui ne souffre pas du tout d'hirsutisme ni de problème hormonal quelconque. Pour la rassurer nous avons fait faire bien sûr tous les examens imaginables. Mais le problème vient de toutes ces histoires qui se racontent en France sur les
"portugaises poilues". Je crois aussi que la présence de la communauté nord africaine, où l'épilation chez les femmes est une tradition, apporte aussi des regards nouveaux des garçons et des filles plus ouverts à la mixité culturelle que les adultes.
Mais ma gamine n'est pas un cas isolé! toutes ses amies, même les plus blondes ont commencé à se raser partout dès l'âge de 10 ou 11 ans.
C'est pour moi une très grande tristesse que de voir ma môme. Cela ne fait que 2 ans qu'elle consent à montrer ses bras !!!
Chaque fois que je le peux j'aborde le problème de la "dictature des anti poils"... d'autant que je travaille et écris souvent sur l'interculturel et la préhension du corps dans l'acceptation de l'altérité.
[...] Le cabinet de kiné où je vais travaille en partenariat avec des dermatos, gynécos et sexologues. Une des pathologies qu'ils soignent est le vaginisme. Ma kiné, m'a dit il y a peu de temps, que quasiment toutes les femmes que le cabinet suit en rééducation contre le vaginisme sont complètement épilées ! Ca fait réfléchir !!!

24/37. Le témoignage de Sophie

(posté le 23 avril 2008 sur le forum Femmes naturelles)

Incroyable!! Ecoutez moi ça :

Je me suis inscrit hier sur un site de chat dans le but de faire un test sur l'appréhension des hommes sur les femmes poilues. J'ai donc indiqué que j'etais poilue dans mon descriptif...
Et là, l'incroyable se passe, j'ai reçu un nombre effarant de messages d'hommes de tout âge me disant qu'ils adorent les poils. J'ai eu droit à des phrases du style : "ah enfin une femme comme toi, marre des sexes épilées", ou "humm j'adoore", "c vrai t'es poilue? génial, je trouve ça super excitant"... Je repondais pas, c'était ingérable de toute façon, mais certains insistaient comme des malades les pauvres rabbit , ils devaient s'imaginer dans leur tête ma belle toison ou les aisselles fournies lol.
Plusieurs femmes naturelles mais homo se sont également interessés à moi pour mes poils, lol, incroyable alors que nous sommes pris pour des crades par la société d'aujourd'hui, enfin c'est ce qu'on veut peut être faire croire.
J'ai ensuite enlevé mon descriptif et changé mon pseudo, et ben j'ai eu beaucoup moins de messages ensuite lol

Y a au moins la moitié des mecs de region parisienne connectés à ce moment qui m'ont dragué, énorme! cheers

25/38. Le témoignage de Abdy, 29 ans, de l'Afrique centrale

(reçu par email le 24 avril 2008)

C'est avec beaucoup de plaisir que je suis tombée sur votre site.
En ce qui me concerne, je dois dire que ma pilosité n'a jamais été l'objet de complexe pour moi. Je suis originaire d'un pays de l'Afrique Centrale, où les femmes velues sont plutôt appréciées et filent souvent des complexes à celles qui sont dépourvues de poils. En tout cas, c'est assez courant de voir des femmes arborant sans complexe (voire même fièrement!) leur pilosité.
Personnellement, je n'ai pas une pilositié très "touffue", mais elle est par contre repartie sur au moins les 75% de mon corps. Et je dois même dire que depuis que j'ai eu la "stupide idée" d'enlever au "rasoir" 3 poils qui, à l'âge de 13 ans (j'en ai 29) étaient apparus son mon menton, j'ai maintenant et hélas, plus de 3 poils parsemés au menton et au cou ...
Ceci dit, même si je regrette beaucoup cette inconsciente erreur , j'ai fini par le prendre ainsi. Il m'arrive "très très occasionnellement", d'utiliser une crème dépilatoire pour mon menton et mon cou. Sinon, je n'ai aucune gène à me présenter "telle que je suis physiquement", les 98 autres pour cent de ma vie.
L'intérêt pour les avis d'autres personnes sur ce sujet, m'est recemment venu, car je suis fiancée à un français (qui d'ailleurs m'aime tel que je suis!) et je serai très bientôt appellée à le rejoindre; d'où ma curiosité de savoir comment réagissent "en général" les occidentaux à ce sujet, qui je le répète est complètement BANAL en Afrique.
C'est assez rassurant de voir que les mentalités évoluent et que la TOLERANCE, et LA NATURE reprennent leur ENFIN leur droit ...

26/40. Le témoignage de Anaig, 33 ans, Loire-Atlantique

(reçu par email le 29 octobre 2008)

C'est si rare et si rassurant de voir des gens valoriser la pilosité féminine ! Mon seul souvenir de ce genre vient d'un roman russe ("Anna Karénine", je crois) où un personnage disait être attiré par les femmes ayant une légère moustache. Mon mari est neutre de ce côté pour les aisselles et les jambes, mais n'apprécierait pas l'épilation intégrale.
De mon côté, depuis l'adolescence, je me soumets saisonnièrement à ce rite (mollets + aisselles) par souci d'éviter réflexions et regards désagréables que pourtant je méprise. MAIS de moins en moins : je me contente maintenant d'une épilation des jambes au début de l'été (mes poils ne repoussent pas trop vite et pas trop épais et après je n'y fais plus trop attention, surtout quand les jambes ont perdu leur blancheur hivernale) et de l'épilation des aisselles quand je suis en débardeur ou maillot de bain (mais j'attends par fois que les poils fassent 5mm). Je préfère les maillots de bain pas trop échancrés pour de pas avoir à m'épiler de ce côté. Par contre, vis à vis de mon mari, je n'ai aucun complexe, et même en hiver, je fais du sport en short ou à la piscine non épilée .

J'aimerais avoir le courage de ne plus faire du tout d'épilation, et je pense que je vais y venir (je vais essayer de m'abstenir aux beaux jours) car je suis de moins en moins complexée avec l'âge, de plus en plus exaspérée par le marché constitué par tous ces cosmétiques et une féministe convaincue prise en flagrant délit de contradiction. De plus, je veux contribuer à ce que toutes les femmes se libèrent de leurs complexes physiques créés de toutes pièces par les campagnes marketing à but purement lucratif (industrie cosmétique, alimentaire, pharmaceutique, ...). Depuis mes grossesses je ne mets plus de déodorant, plus de parfum, presque plus de crème parfumée pour des raisons écolo + santé perso plus celle de mes enfants (je l'assume aux rares occasions qui se présentent, rougissante, mais ferme, car s'il y a bien un autre sujet tabou, ce sont les odeurs ...). Je ne prends une douche "que" 1 fois tous les 2 jours avec des savons si possible non parfumés.

Allez, courage à nous tous, et assumons le mieux possible : en pratiquant si possible, en parlant sinon (c'est déja mieux que rien : contrebalancer les langues de vipères masculines et féminines, et les silences pesants de ceux qui n'osent pas) ! Et entre nous, c'est tellement plus moche les points rouges ou les poils qui repoussent !

27/41. Le témoignage de Mélissa, 23 ans, de Paris

(reçu par email le 17 décembre 2008)

Je suis Mélissa, j'ai 23 ans et je vis à Paris. Je viens vous apporter mon petit témoignage par rapport à l'épilation !

C'est par le biais d'un site sur le végétarisme que je suis tombée sur votre site. Rien à voir donc, mais quand même quelque part en rapport avec une démarche de "pleine conscience".
Après avoir lu votre rubrique sur l'épilation (entre autres), c'était décidé : j'arrêtais de m'épiler ! Même pas dans un but de rebellion contre ces satanées industries cosmétiques de m****, vraiment juste pour moi, pour me retrouver. Mon amoureux m'aime et n'y a trouvé rien à redire!
Je me suis rendue compte que je ne m'étais jamais posé la question auparavant ! Je m'épilais par pure convention sociale. Tout comme je mets des vêtements pour sortir et comme je ne fais pas l'amour en public. Un truc qu'on ne se pose pas la question quoi.
Je me souviens en revanche de la première fois ou je me suis rasée sous les bras (à 14 ans) : j'ai eu l'impression diffuse de m'enlever un bout d'humanité! Et pourtant ça ne faisait pas bien longtemps que j'avais du poil aux aisselles ! Mais les enlever ça m'a troublé.Je ne me suis pas posée plus de questions que ça, puisque l'important c'était d'être comme toutes les autres et qu'on ne me montre pas du doigt sur la plage...mais quand même j'ai senti que c'était la négation de quelque chose. Ca n'a pas été un "plaisir" quoi, mais plus une "rupture".

Par la suite j'ai fréquemment fait des épilations intégrales du pubis pour faire plaisir à mes amoureux (au minimum toujours ticket de métro en tout cas). Ca m'a esthétiquement toujours dérangé (l'épilation intégrale), même si j'avais le plaisir de "faire plaisir" aux garçons que j'appréciais. J'avais l'impression de me faire passer pour une petite fille et que c'était presque malsain. Une impression la encore de négation de mon corps.
Maintenant que je relaisse pousser mes poils, je sens la différence avec une violence incroyable : je ne suis pas une enfant, je ne suis pas un robot, je suis un être humain, une femme. Je me sens épanouie, en accord avec moi-même, de corps et d'esprit.

Ca entre dans un cadre plus large aussi. Depuis quelques mois j'ai pris un peu de poids alors que j'étais "taille mannequin" depuis toujours. Le regard de mon entourage a changé (en mal évidemment, "le bourrelet c'est mal" !) et ça m'a pas mal perturbé; en plus tout simplement du fait de devoir assumer un corps totalement nouveau (comme une seconde puberté quelque part).Mais au final alors que j'avais cru que jamais je ne connaitrais le moindre pec de graisse de ma vie et que je m'en
réjouissais, je me sens mille fois plus sensuelle maintenant. C'est pareil pour mes poils, depuis qu'ils sont de nouveau là, je me sens plus femme, je dirais même FEMELLE. Et j'adore ça renouer avec ma nature animale, naturelle, instinctuelle.

Les corps (certes très jolis aussi) sans forme, sans poil et tout lisse, c'est plus pour moi, ça ne m'intéresse plus de ressembler à une espèce "d'androïde elfe poupée au corps d'éternelle adolescente sans rien qui dépasse".C'est beau oui, c'est délicat, gracieux mais ce n'est pas la seule forme de beauté qui existe. La beauté naturelle, sauvage et sensuelle, la beauté conquérante des hanches rondes et des jambes puissantes, des poils sous les bras dodus et des mollets velus, cette beauté aussi est magnifique. La beauté naturelle est sinonyme de force de vie.
Je suis une FEMME,une HUMAINE et je l'assume ! Je n'essaie plus de faire croire que je suis au delà des réalités biologiques. Quelle est cette manie qu'a l'homme de toujours vouloir se considérer comme "plus " ou "autre" qu'un homme? De se comporter comme si le monde réel, biologique n'avait pas de prise sur lui? C'est d'un pathétique en fait...

Je n'ai pas encore du affronter le regard des autres concernant mes poils, ce sera le cas l'été prochain. Je ne sais pas ce que je dirai aux gens, pour le moment ce qui me vient à l'esprit c'est : "Bah oué en devenant apte à la reproduction j'ai des poils qu'ont poussé, c'est signe de quelque chose de tellement beau d'ailleurs qu'il n'y a aucune raison que je les supprime, tout comme j'ai pris du bidou et des hanches et même de la cellulite aussi pour les mêmes raisons, bah oué je suis une femme, pas une image, pas un objet, pas un fantasme. Je vaux mieux que ça !"

Et si on arrêtait de perdre son temps à nier ce que l'on est, pour avancer dans les domaines qui compte vraiment?

28/42. Le témoignage de Sylvie, de Québec

(reçu par email le 21 mars 2009)

Je viens de découvrir votre site grâce à un reportage sur les «étés sans épilation» passé à la radio ce soir au Québec. Quel hasard, j'ai justement épilé une de mes jambes ce matin, pour la première fois depuis septembre. C'est tellement long et douloureux, que je garde l'autre pour demain, à moins que je réussisse à avoir le courage d'assumer ma pilosité ! Le pire c'est que ma jambe non épilée est moins moche à regarder que celle qui l'est ! Elle est douce, lisse et sans rougeurs...

Quand je pense que j'ai refusé de sortir avec un homme il y a quelques années parce qu'il m'avait avoué aimé les poils féminins, je le croyais timbré... Et je lis pleins de témoignage d'hommes sur votre site qui disent exactement la même chose !

Merci !

29/43. Le témoignage de Valérie

(reçu par email le 26 mars 2009)

Une amie qui a vécu au Cameroun (il y a environ 20 ans) m'avait raconté que là-bas une femme qui avait du poil sur le torse en était fière et le montrait (dans son décolleté). Ce que j'ai vu par hasard aussi en France chez une femme de ce pays. Je ne sais pas si c'est aujourd'hui encore aussi répandu là-bas.

30/44. Le témoignage de Alice, 24 ans, de Paris

(reçu par email le 7 mai 2009)

Adolescente, j'avais honte de mon corps et de ma sexualité. Je m'épilais, je cachais ma poitrine, et pour moi ces deux gestes allaient de pair. A ma grande honte, j'ai fait des remarques à ma mère qui ne s'épilait pas les aiselles. Elle l'a fait, et le résultat ne m'a pas plus. Ce n'était plus ma mère, plus exactement. Elle était rentré dans le moule, mes copines ne se moquaient plus de moi à cause d'elle... Qu'à ça ne tienne, elles ont trouvé d'autres raisons.

J'ai passé un an au Canada anglophone il y a maintenant 4 ans. Là-bas, j'ai appris que le préjugé est que les françaises ne se rasent ni s'épilent, en particulier les aisselles. Un peu comme ici avec les portugaises.
L'hiver étant rude et long, j'ai passé la plupart de l'année bien couverte, et sans un poil en vue (je m'épilais encore à l'époque). Cependant, apprenant que j'étais française, les canadiens me faisaient des remarques... Mais pas celles qu'on pourrait croire !
"J'aimerais tellement pouvoir faire comme vous, les françaises ! Ici on ne peut pas...""C'est tellement bien de rester naturelle, tellement plus joli ! Je te soutiens, surtout ne fais pas comme nous juste parce que tu habites ici !"
... Elles ignoraient que je m'épilais. Mais j'en ai remis en question mes raisons. J'en ai parlé à mon mari, qui à l'époque était mon copain. Il m'a avoué préférer les poils
, mais ne voulant ni me forcer, ni décider à ma place, n'avait rien dit.
J'ai arrêté l'épilation aussitôt. Je me suis sentie plus féminine, plus charnelle, plus vraie. A mon retour en France, j'ai essuyé des regards de nombreuses femmes, des remarques... Aucune venant des hommes.
Lorsque je m'épilais, j'avais toujours gardé le maillot, ainsi que le filet reliant mon pubis à mon nombril. J'avais toujours trouvé ça très esthétique, très sensuel, et tous les hommes que j'ai connu approuvaient. De même pour les rares poils que j'ai sur les seins, que je n'ai jamais touchés.
A présent, je m'aperçois que je retrouve cette beauté et cette sensualité avec tous les poils de mon corps.
J'avoue simplement décolorer ma lèvre supérieure et mon menton, à part en été où les poils blondissent d'eux-mêmes.

Je me suis mariée depuis, et les photos de mon mariage révèlent mes jambes et leur pilosité (mes aiselles sont cachées)... Je n'ai reçu aucun commentaire des invités, amis, famille présents au mariage, ni ce jour-là, ni depuis.

J'aime l'odeur de mes aisselles, et je ne pourrais plus les raser ni les épiler. Mon mari dis d'ailleurs qu'il ne me laisserait pas faire :P
J'ai appris à aimer mon corps et à l'accepter, je n'ai plus l'impression de devoir me changer pour être belle, séduisante et féminine... Je soutiens votre démarche, pour que l'épilation devienne un choix plutôt qu'une obligation sociale.

31/45. Le témoignage de Adrien', 30 ans, de Besançon

(reçu par email le 11 juin 2009)

La pression sociale autour de l'épilation m'était connue, mais pas dans ces proportions !
Je m'aperçois rétrospectivement avoir entendu avec incrédulité des filles confier qu'une aventure leur serait "impossible si je ne suis pas épilée". J'avais cru qu'il s'agissait de cas isolés, particulièrement sophistiquées.
Je ne me suis jamais épilée (sauf une fois quand j'avais seize ans) et montre mes poils sans jamais susciter de réprobation ouverte.

Non seulement je ne m'épile pas, mais...

Sang menstruel : j'utilise ce qu'on a toujours sous la main et qu'on peut jeter dans les toilettes : du papier hygiénique. Mes culottes sont souvent pleines de sang, et alors ? Je les rince le soir en les enlevant.

Maquillage et bijoux : je ne porte aucun bijou (sauf à mes oreilles percées qui s'infectaient tout le temps, où j'ai mis de petits anneaux pour avoir la paix) et je ne me maquille pas.

Cosmétiques : les seuls produits que j'utilise pour ma peau et mes poils sont du shampoing et un pain de savon.

Lavage : je me lave et me change une fois par semaine (sauf pour les sous-vêtements) rien de tel qu'un bon bain ! Je ne pue pas et je sais que c'est au bout de dix jours que je pourrais risquer d'avoir des boutons ou des démangeaisons. Par contre si je vais à Paris, je me lave dès mon retour. (mais pas plus souvent pendant mon séjour : ça ne changerait pas grand'chose)

Vêtements : je ne repasse jamais, porte souvent des vêtements usés et c'est seulement pour bosser (dans la vente) que je fais attention à ne pas mettre de vêtements tachés ou troués.

Cheveux : je me les coupe moi-même. Ils sont courts et pourtant j'arrive à les couper même derrière ; sans être habile, il ne m'a fallu que quelques essais pour savoir m'y prendre.

Genre : j'évite les vêtements et chaussures fort malcommodes dits "féminins", et surtout les comportements soumis qu'on m'a inculqués en tant que femme. C'est déjà bien assez de subir le sexisme sans collaborer à son propre asservissement.

Réactions : peut-être que je ne ressens pas de pression particulière sur ma pilosité naturelle parce que c'est un ensemble de comportements qui me sont reprochés, mais je pense aussi qu'arrivé.e à un certain niveau de cohérence et de théorisation, on se fait moins embêter. D'abord ça prend du temps, donc mon entourage s'y est "fait" progressivement (mais pas sans heurt !). Ensuite, si on me critique sur l'un ou l'autre point, je sais quoi répondre et surtout comment interpréter la critique : au lieu de me sentir laide ou stupide, je constate simplement que mon refus de la norme suscite une réaction. Il est devenu difficile de me culpabiliser ou de me dévaloriser depuis que je le prends comme ça !

Mais j'estime qu'il me reste du boulot pour me réapproprier mon corps. .Au lit par exemple, lieu politique par excellence.
Bon courage à tou.te.s !

32/46. Le témoignage de Natacha, 23 ans, de Saint-Péver (22)

(reçu par email le 02 octobre 2009)

Je ne me suis jamais épilée, d'une part car je trouvais cette obsession du poil ridicule et d'autre part car je savais qu'une fois qu'on a commencé, on ne peut plus arrêter. Pourtant, récemment, j'ai failli craquer. La perspective d'une sortie à la piscine + un travail dans le monde des esthéticiennes où je bouffe de l'épilation à longueur de journée. Je suis même allée dans un magasin dans l'intention d'acheter le nécessaire. Devant la diversité des produits et, surtout, la contrainte des modes d'emploi (surtout pas plus de 6 min !), j'étais déjà beaucoup moins motivée ! J'ai voulu rechercher sur Internet si c'était vraiment si dramatique de ne pas s'épiler. A survoler les résultats de Google, ça paraissait dramatique. J'ai failli être convaincue que je finirai vieille fille et que je donnerai la nausée à tous ceux qui m'approchent. Et, finalement, à la sixième page (vive la persévérance !), je suis tombée sur votre site. Votre article très complet m'a d'autant plus convaincue que j'étais déjà très branchée anti-consumérisme, liberté et "féminisme". Donc, merci, je vais pouvoir aller à la piscine avec l'esprit tranquille et si ça dérange quelqu'un, je lui répondrai que c'est son problème mais que moi, je suis libre.
Bonne continuation dans votre combat.

33/47. Le témoignage de Ludi, 24 ans, Suisse

(reçu par email le 10 décembre 2009)

J'ai commencé à m'épiler des l'apparition de mes premiers poils.
Cela car je faisais beaucoup de gym et de danse. Dans ses deux disciplines, on te fais vite comprendre que tu dois t'épiler. Et ce n'est pas un choix su tu veux être présentable lors d'un concours ou lors d'un spectacle dans un justaucorps ou un tutu.
La première fois qu'une monitrice m'a demandé de le faire, j'avait 11 ans et elle trouvais que les quelques petits poils de mes aisselles n'étais pas assez beau pour un spectacle de danse qui se donnais le lendemain.
Le soir même, ma maman m'apprenais a me servir d'un rasoir sous la douche.
Les jambes ont vite suivi pour un concourt de gym.
Les poils pubiens sont ceux qui auront le plus résisté, mais quelques années plus tard, lors d'un spectacle ou nous portions un collant blanc, la metteur en scène a prit trois filles a part (dont moi) et nous a fait remarquer que les collant étant légèrement opaque et que nous distinguions clairement nos trois triangles (et comme il ne fallait surtout pas mettre de slip... Hop un petit coup de rasoir)

J'ai donc vécu toute mon adolescence sans le moindre poil (mis a part un petit ticket de métro pour ne pas faire trop fillette) ticket que je rasais quand même pour les spectacles en collant blanc...

Mon mari m'a toujours connue comme ça, et puis un jour je suis tombée enceinte (je n'avais que 20ans) fini la danse et la gym. Je continuais mes épilations par habitudes et pour ne pas choquer mon mari. Mais mon gros ventre rendit la tache plus délicate, cela devenait même acrobatique surtout pour le maillot et les jambes. Un jour ou je faisait des acrobaties dans la salle de bain, mon mari est entré. Je lui ai dit que cela devenait vraiment difficile. Il m'a alors demandé pourquoi je ne laissais pas tomber. Je lui est donc dit que je ne voulais pas lui imposer ça...
A ma grande surprise il m'a dit qu'il n'y avait aucun problème pour lui si je gardais mes poils, qu'il y avait des chose bien plus importante... Comme mon bien être et celui de notre bébé.

Je me suis donc dit que j'allais laisser repousser mes poils pubiens... Après tout si cela ne le dérangeais pas!
Par ailleurs, ils n'ont pas mit très longtemps a repousser (il faut dire que je faisait le maillot au rasoir et que la grossesse faisait pousser mes poil très rapidement).

Ça va paraitre incroyable mais j'ai découvert pour la première fois mes poils pubiens au naturel (enfin avant l'accouchement je ne les voyais pas vraiment) je ne pensais pas que j'en avait autant.

Côté câlins, cela n'a rien changer pour mon mari... Il a continuer les caresses et les cunni. J'ai même l'impression qu'il s'amuse dans mes poils.

Je vais juste préciser que j'ai commencer par laisser repousser mes poils pubiens mais je que je me rasais toujours mes aisselles. Tout comme j'épilais toujours mes jambes.

L'arrivée de bébé a encore chamboulé cela. J'étais claquée et je ne prenais plus le temps de le faire comme il faut. Les poils ont donc gentiment commencer a gagner mes jambes et mes aisselles. Je faisait pourtant attention de vite me raser sous la douche avant des câlins. Mais une fois au deux mon mari m'a surpris au naturel.

Un jour que nous devions aller aux bains thermaux, après avoir enfiler mon maillot j'ai dit a mon mari que je voulais juste raser les aisselles et les poils qui dépassait du maillot. Il m'a dit qu'ils étaient tellement petit qu'ils ne se voyait pas a moins de regarder spécifiquement cela. J'ai donc pour la première fois été en public non épilée.
Quel temps gagné...

Maintenant, je ne m'épile plus que les jambes (j'aime mieux), pour les aisselles, je raccourci les poils pour ne pas avoir une grosse touffe qui pend, mais uniquement des petit poils. Je le fais avec une tondeuse en 5 secondes par aisselle. le pubis je ne le touche pas.

34/48. Le témoignage de Marie, 32 ans

(reçu par email le 06 février 2010)

Bonsoir Et MERCI! vraiment merci de tout coeur pour ce site, un concept audacieux, un contenu très riche et surtout un réconfort immense pour une femme de 32 ans que je suis, qui se sent de plus en plus seule, "cernée" littéralement par l'influence de cette "mode" de merde, cette dictature comme vous le dites bien de l'épilation, précisément l'intime intégrale qui me révolte!!

Je suis animatrice de prévention pour le planning familial donc tous les jours je suis confrontée aux mines dégoutées, outrées de ces jeunes conditionnés à mort, et ça me crispe!! mes collègues partagent assez mon point de vue mais sans capter la gravité de cette "mode"! Vous avez raison quand vous dites que c'est un combat féministe et politique! et anti-consumériste/capitaliste quelque part aussi!

Ce qui me fait peur c'est que lesjeunes commencent à entrer dans le mouvement, or elles sont surement contaminées par cette vision hygéniste aliénante!! comment nos messages passeront-ils encore?? la sexualité se dénature de plus en plus , de façon générale avec le porno, c catastrophique et la plupart des adultes sont loin de s'en rendre compte!

Sans parler du côté pédophile de ce fantasme imposé;..ou va-t- on?? personnlemment, je flippe vraiment.

J'ai découvert votre association grâce à l'émission d'hier sur le poil sur France 4, vraiment sympa.
Bonne continuation.

35/49. Le témoignage de Joanna, 18 ans, Ile-de-France

(reçu par email le 25 février 2010)

J’ai depuis longtemps remarqué le fait que l’épilation était une norme sociale coercitive, et je regrette que l’on n'ait plus le choix de s’épiler ou non, c’est pourquoi votre action me parait nécessaire et pertinente. Néanmoins l’épilation devrait rester un choix et me voila confrontée entre le refus d’obéir à une norme sociale inutile et le refus de m’imposer les représailles de la société. S’épiler n’est pas malsain, ce peut-être même un outil de créativité, c’est l’obligation qui est malsaine. En tout cas, je suis rassurée de voir un groupe organisé refusant cette mode obligatoire qui me semblait unanimement proclamée et me faisait franchement peur !
Joanna, 18 ans, étudiante en sociologie en région parisienne.

36/51. Le témoignage de Céline, 29 ans, Vienne (86)

(reçu par email le 04 mai 2010)

Bravo pour votre site que je viens à l'instant de découvrir...je n'ai pas encore eu l'occasion de tout parcourir mais je vais m'y afférer les jours qui viennent ; bravo pour votre audace, bien des sujets sont quelque peu tabous, et bravo aussi pour l'intelligence des info et analyses

Je souhaiterais réagir au dossier sur l'épilation...

Oui la jambe lisse est rentrée dans les mœurs et oui implicitement les femmes y sont soumises...

Le poil peut être associé au sale pour certains mais ce n'est pas mon cas ; le poil n est pas sale et si la nature nous en a doté c'est qu'il y a une bonne raison. je le considère plus comme un attribut masculin (mais pas comme un signe de virilité pour autant).

Cependant, j'ai 29 ans et après m'être rasée les jambes quelques temps, je m'épile (cire) depuis plus de 10 ans... J'ai la peau claire je suis très brune et "j'ai le poil dynamique" !

à 14 ans, j'avais les jambes aussi poilues que celles de mon père (qui est très poilu !) et sans exagérer, sans compter les bras, mes poils sur le ventre et un peu sur les seins...
Et à 14 ans il ne m'a pas semblé être influencée par la télé qu'on regardait très peu à la maison ni les magazines que je ne lisais pas...Je me sentais simplement pas féminine, pas fille puis par la suite pas femme. J'étais extrêmement mal dans ma peau, très renfermée, jamais en manches courtes. Ma mère avait des poils sur les bras et les aisselles, mais c'était pour moi une quantité acceptable et "normale"...un peu de poil ne m'aurait pas déranger...
J'ai alors demandé à ma mère (qui se rendait bien compte de mon mal etre) s'il était possible de les enlever, sans rasoir, sachant (par l'intermédiaire de ma mère ) que cela repoussait aussitôt.

Je n avais pas 15 ans lors de ma première épilation et l esthéticienne n'en revenait pas !
Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je me suis sentie revivre après cela, à quel point je me suis sentie bien dans mon corps, j en avais même oublier mon gros popotin et ma minuscule poitrine !

Je m'épile aujourd'hui (par moi meme ou en institut) environ 1 fois par mois ; il faut bien que cela repousse avant d'enlever...et parfois je laisse trainer un peu, je ne suis pas non plus une maniaque des poils et mon mari est compréhensif et pas trop exigeant (il préfère quand c'est doux mais accepte largement que je n ai pas envie à certain moment de me faire du mal ! parce que oui ça fait très mal)
En ce qui concerne le maillot, j'épile les contours pour que ce soit net et qu'effectivement rien ne dépasse du maillot ou slip mais refuse d'avoir "un sexe de petite fille" : c'est bien le seul endroit où je souhaite conserver un peu de poil !!

Et je sais que même si la mode du naturel (tous à poils !) revenait, et même si des femmes dans la rue ou des stars arboraient la jambe poilue, comme bien souvent je ne suivrais pas la mode !!

Il y a les diktats des magazines des médias certes mais quelques choix perso sont possibles à conditions d être et en phase et au clair avec ses choix ; de les faire en véritable conscience...il me semble que c est mon cas ; malgré tout je me suis construite en relation avec un environnement familial, social et médiatique et forcément, j en garde des traces au fond de moi, inévitablement !

37/53. Le témoignage de Coline, 14 ans, de l'Oise

(reçu par email le 12 août 2010)

Merci, merci, merci, merci pour ce que votre site a fait pour moi.
Je suis archi contre l'épilation, le rasage et autre mutilation de poil.
Etant brune, j'ai un duvet comme tout le monde, sauf qu'il est voyant, j'ai aussi de longs poils sur les bras, que j'adore. Je m'en fout mais combien de fois à l'école, dans la rue des remarques du type :" ho, regarde, elle est moche !", " t'as vu, cette fille c'est un mec !" et la plus marquante de toutes :" salut yéti ! Tu t'es perdu ?"
J'en étais venue à éviter les T-shirt et autres débardeurs, de peur que l'on me remarque.

Au collège, ça a changé. La mentalité des gens est restée la même mais j'arbore fièrement mes bras, jambes et dessous de bras en classe, sans tenir compte des remarques. J'ai des amis qui m'aiment comme je suis : naturelle et franche.
Car je trouve que c'est mentir sur soi que de s'épiler. Ce n'est pas notre vrai corps.

La seule fois où j'ai été contrainte de me raser les dessous de bras, c'était pour un spectacle de danse.
La professeure m'avait ordonnée de le faire, sans quoi je ne participerais pas au spectacle.
Alors, je l'ai fait par respect avec mes coequipières qui avaient besoin de moi dans l'enchainement.

Je pensais recommencer, car "une fois qu'on a commencé... Pourquoi s'arrêter ?" et je suis tombée sur votre site. Une véritable révélation.
Merci encore !

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Les témoignages des hommes sur le poil féminin sont dans cette page.
Voir aussi sur notre forum : une compilation d'autres témoignages.
D'autres témoignages, concernant cette fois l'épilation des hommes sont dans cette page.

Vers l'été sans épilation suivant


Mouvement International pour une Ecologie Libidinale (M.I.E.L.) - www.ecologielibidinale.org - Dernière mise à jour le 12 août, 2010
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